Crypto et fiscalité : pourquoi la majorité des flux échappent aux règles actuelles
D'après www.cointribune.com

Une partie seulement des flux crypto est visible pour la fiscalité
La fiscalité autour des cryptomonnaies est un sujet complexe, surtout quand il s'agit de recenser et taxer les mouvements d'argent. Une étude récente menée par Chainalysis montre que les règles fiscales internationales ne prennent en compte qu'une toute petite fraction des transactions réellement réalisées sur les blockchains.
Des chiffres qui donnent le tournis
Selon Chainalysis, en 2025, les flux potentiellement imposables sur six grandes blockchains pourraient atteindre au moins 457 milliards de dollars. Pourtant, seulement 14 % de ces flux seraient directement couverts par le cadre fiscal actuel mis en place notamment par le CARF (Crypto-Asset Reporting Framework) de l'OCDE. Cela signifie qu'une immense majorité, soit 86 %, des transactions échappent à la surveillance fiscale.
Pourquoi une telle différence ?
Cette grande partie des flux non couverts passe par des activités plus difficiles à tracer ou à réguler, comme la finance décentralisée (DeFi), les transferts directs entre particuliers, le staking (qui consiste à bloquer des cryptos pour sécuriser un réseau), ou encore les paiements en cryptomonnaies. Ces opérations sont souvent réalisées sans intermédiaire central, ce qui complique leur détection pour les autorités fiscales.
La DeFi, un défi majeur pour la fiscalité
La DeFi permet de réaliser des échanges, des prêts ou des placements sans passer par une institution classique. Cette liberté est un avantage pour les utilisateurs, mais elle pose un vrai casse-tête pour les autorités. En effet, les transactions sont automatisées, anonymes et souvent rapides, ce qui rend difficile le suivi et la déclaration des gains ou des flux.
Transferts entre particuliers : une zone grise
Les transferts directs entre particuliers représentent aussi une part importante des flux non détectés. Par exemple, si vous envoyez des cryptomonnaies à un ami ou à un membre de votre famille, ces mouvements ne passent pas forcément par une plateforme qui pourrait informer les autorités. Ce type d’échange échappe donc largement au cadre fiscal classique.
Staking et paiements : des usages en croissance
Le staking devient de plus en plus populaire comme moyen de générer des revenus passifs en cryptomonnaies. Cependant, les règles fiscales peinent à suivre ces nouveaux modèles économiques. De même, les paiements directs en crypto, bien que moins fréquents, sont aussi difficiles à tracer et déclarer, surtout lorsqu'ils se font entre particuliers ou via des solutions décentralisées.
Une réglementation encore en construction
Le CARF de l’OCDE vise à harmoniser les règles et améliorer la transparence fiscale dans le monde des actifs numériques. Mais cette initiative couvre pour l’instant une part limitée des flux, essentiellement ceux qui passent par des plateformes centralisées. Le reste des opérations, notamment celles qui utilisent des technologies décentralisées, reste hors de portée.
Comprendre ces limites est important pour appréhender la complexité de la fiscalité crypto aujourd’hui. L’évolution rapide des usages et des technologies crée un décalage entre la réalité des flux et leur prise en compte fiscale.
Source : www.cointribune.com
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